La 87è édition du Bol d’Or du Léman a tenu toutes ses promesses et délivré un scénario imprévisible. Dès les premières heures de la course, le TF35 Ylliam XII Comptoir Immobilier, mené par Bertrand Demole s’est installé aux avant-postes dans une flotte de multicoques très regroupée.
X-Wing, skippé par le franco-italien Marco Favale, a momentanément pris la tête de la course le long du Lavaux, et atteint la marque de mi-parcours avec une centaine de mètres d’avance sur son poursuivant direct. Le mano à mano entre ces deux leaders s’est poursuivi durant toute la remontée en direction de Genève, arbitré dès l’entrée dans le petit lac par Ylliam 17. Mais c’est bien Ylliam XII qui a effectué les meilleurs choix stratégiques lors des derniers kilomètres de la régate, pour s’imposer finalement en 11 heures 48’ 53’’, avec 3’16’’ d’avance sur X-Wing et 6’58 sur Ylliam 17.
Okalys, le premier Décision 35 et multicoque archimédien, a occasionnellement bénéficié de zones sans vent pour revenir au contact des leaders. Il termine finalement sixième du classement scratch, à 18 minutes du vainqueur. Les dix premiers voiliers classés ont franchi la ligne d’arrivée en moins d’une heure.
K2, le formidable monocoque de la famille de Weck, a quant à lui remporté le Bol de Vermeil avec 53 minutes et 56 secondes d’avance sur l’étonnant prototype croate Stravaganza. Largement en tête durant toute la régate, le monocoque skippé par Alexander de Weck et mené par dix équipiers n’a jamais laissé la moindre ouverture à ses adversaires. Jean-Pascal Chatagny, l’un des meilleurs tacticiens du Léman, et aussi Michel Vaucher, expert en performance vélique, ont certainement joué un rôle important dans cette victoire.
Long de 47 pieds et portant 200 m2 de toile au près, K2 affiche un tirant d’eau de 4 mètres et une largeur de quasiment 9 mètres… Il prend ainsi une belle revanche sur l’édition 2025, disputée dans des conditions plus légères que cette année et lors de laquelle il s’était fait battre par le Libera Carondimonio, racheté pour 3000 francs par une bande de copains…
François Thorens, qui a profondément modifié son Psaros 40 Cellcosmet l’hiver passé, obtient une très belle troisième place.
La navigatrice du Cercle de la Voile de Lausanne et ses équipiers Antoine Costa, Pascal Lehmann et Cédric Jaccaud ont quant à eux remporté la catégorie la plus fournie de ce Bol d’Or, celle des Surprises, qui célèbrent cette année leurs 50 ans et ont réuni pas moins de 101 équipages. Sarah Jaccaud s’était déjà imposée en 2021 avec le même équipage. Son voilier, Miss Tick, a également remporté la semaine passée Genève-Rolle-Genève, mais skippé à cette occasion par sa soeur Melanie Henry.
« Nous sommes très heureux de cette victoire », a-t-elle déclaré. « La lutte a été extrêmement intense durant toute la course et a nécessité une très grande concentration. Nous avons eu énormément de plaisir lors de la descente en direction du Bouveret, avec un joli vent de sud-ouest samedi après-midi. A bout du compte, tout s’est joué entre la Pointe à la Bise et la ligne d’arrivée. Nous étions encore cinq voiliers au contact et nous sommes parvenus à conserver la tête de la course malgré la fatigue. La nuit a été très longue. Nous avons tiré d’innombrables bords en direction d’Yvoire. »
Il s’agit du 26è Bol d’Or de Sarah Jaccaud, qui régate depuis 17 ans dans la classe des Surprises.
Johanne Girard remporte la deuxième place du classement à bord du voilier CER1, tandis que le légendaire René Mermoud, accompagné par le tour-du-mondiste Isidore Stitelmann, récent vainqueur de la Mini Globe Race, se classe troisième.
Avec encore du très beau monde dans leur sillage, confirmant l’excellent niveau des surprisistes!
Enfin, la victoire au temps compensé revient au Luthi 952 Tarango, skippé par Alexis Pariat, un jeune régatier représentant le CNM et le CNC, qui a rassemblé des copains avec lesquels il régatait en Optimist, désormais âgés de 16 à 22 ans, et créé une véritable équipe de régate en monocoque lesté.
« Nous sommes très heureux et fiers de cette victoire au Bol d’Or, qui est un grand aboutissement pour nous. Notre objectif est de grandir en tant qu’équipe, et éventuellement d’acquérir un jour un Psaros 33. Le rêve ultime serait d’avoir un TF35, ou un TP52. »
Parallèlement à ses navigations lacustres, Alexis navigue en WASZP sous les couleurs de la Suisse. Il espère représenter la Suisse aux Jeux Olympiques dans la catégorie Switch (foiler monotype qui deviendra peut-être olympique à l’avenir).
Tarango devance l’Esse 850 Poisson Garou 2 de Federico Crova et le Modulo 93 de Lionel Maret.
La marraine du Bol d’Or du Léman 2026, Catherine Chabaud, s’est déclarée heureuse d’assister au départ de la course. Accompagnée par des représentants de la Société des Vieux Artilleurs de Genève, elle a donné le coup de canon de départ puis assisté aux premiers heures de la régate en compagnie du président du Cercle de la Voile de la SNG, Vincent Boaron. La Société Nautique de Genève et le Comité d’organisation sont très fiers d’avoir accueilli Catherine Chabaud, Ministre déléguée de la Mer et de la Pêche, en qualité de marraine du Bol d’Or du Léman 2026.